Organisation des Vacances de la Toussaint en classe de Khâgne (Lettres Modernes)

26 octobre 2009 par florentgiordano

Lycée Balzac :

Écrit :

Latin : Finir les deux versions (10/11) : lundi 26 octobre

Anglais : Préparer un commentaire composé du texte (10/11) jeudi 29 octobre

HEC Fr. (Contraction du texte d’Hannah Arendt dactylographié) (18/11) mardi 3 nov.

HEC Fr. : Traiter le sujet “l’homme est un animal qui a besoin d’un maître” (25/11) mercredi 4 nov.

DS && apprentissage :

Géographie : (5/11)

- Préparer et apprendre les cartes de la Turquie (1.jour)

- Apprendre les définitions (1./jour)

- Apprendre les cours du cahier (relecture quotidienne)

- Se tenir informé via France Culture (quot.)

- Bien relire le Semih Vaner (2 chap./jour)

Histoire : (9/11) :

- Lire et assimiler un article Persée/jour

- Relire le Carpentier/Lebrun avec la fiche de Sainte Saïda (1 chap/jour)

- Relire le cours d’histoire (relecture quotidienne)

- Voir Lawrence d’Arabie (cf: cinéma), le chroniquer

- Obtenir et lire “La Maghreb de l’Empire Ottoman à la fin de la colonisation française” de Yvette Katan-Bensamoun sendmail

- Henry Laurens : L’Europe et l’Islam (1 chap./jour)

Philosophie : (16/11) :

- Ranger le classeur de philosophie (lundi 26 octobre)

- Relire les cours de philosophie (4 pages/jour)

- Les œuvres et références du cours (voir les tableaux : Web et les films sendmail

- Reconstruire la 1e dissertation (lundi 2 novembre)

Lettres (21/11) :

- Relire l’Éducation Sentimentale (2 chap/jour minimum)

- Ficher la politique dans l’œuvre

- Relire les cours de Du Bellay (1 cours/jour)

- Reparcourir les Regrets de Du Bellay (10 sonnets/jour) et s’exercer à trouver une problématique pour l’un d’entre-eux

Lettres Modernes :

- Reprendre les commentaires composés des textes commentés (1 texte/jour)

- Lire Bonaventure des Périers (10 histoires/jour) et s’exercer à trouver une problématique pour l’un d’entre-eux.

Anglais :

- Finir Lewis Carrol, Alice au Pays des Merveilles en bilingue (1 chap/jour)

- Lire Dorian Gray (1 chap/jour)

- Traduire un article de presse tous les trois jours (mardi/vendredi/lundi)

Latin :

Apprendre : La phrase et les mots invariables :

J1 : lundi 26

* les propositions indépendantes et principales

* Adverbes de manière et de lieu

J2 : mardi 27

* Propositions sans mot subordonnant

* Adverbes de temps et de quantité

J3 : jeudi 29

* Subordonnées interrogatives indirectes & conjectives objets sujets

* Adverbes de négation, quantité, doute

J4 : vendredi 30

* Subordonnées de cause et de temps

* Adverbes et particules d’interrogations

J5 : samedi 31

* Subordonnées concessives et conditionnelles

* Les prépositions

J6 : lundi 2

* Subordonnées finales et conditionnelles

* conjonction de coordination

J7 : mardi 3

* Subordonnées de but et de conséquences

* Conjonction de subordination

J8 : mercredi 4

* Subordonnées comparatives et relatives

* interjection

Loisirs :

- Lecture :

Rousseau : Du Contrat Social (et le rendre)

Tolkien : Faërie & autres contes

Astérix : Obélix et compagnie €

Lodge : L’atelier d’écriture (Rivages) €

- Jeu de rôle :

Maîtrise de Vampire à Venise, session du mercredi 28 octobre (scénario écrit)

Construction du scénario d’introduction à Vampire Dark Age (31/11)

Maîtrise du scénario Vampire Dark Age le 31/11

Lecture de Mage The Awakening

Cinéma :

Visionnage de l’homme aux cercles bleus et de l’homme à l’envers (mercredis soir)

Visionnage des Alfred Hitchcock du lundi soir

Visionnage de Lawrence d’Arabie(mardi 27 soir)

Visionnage de Virgin Suicides (chronique ?) jeudi 29 soir / REC famille Adams

Visionnage de 300 (vendredi soir), chronique ?

Visionnage de Frenzy mardi 3 novembre


Et beaucoup d’imprévus !!!!

Publication du bilan de la colle d’histoire : La France et la Méditerranée et de 1798 à 1970

4 octobre 2009 par florentgiordano

Bonjour,

Voici le résumé de la 1e colle d’histoire de l’année (il y en aura deux). Je suis en ce moment très irrégulier dans mes publications mais c’est dû à l’air du temps donc j’espère que ça va changer…

F.

Daniel G.

Florent Giordano

Cédric L.

Introduction :

La Méditerranée, «Mer Intérieure», est un lieu de contacts, d’échanges et de rencontres. C’est un espace construit dans les mentalités des peuples qui la bordent depuis l’Antiquité, qui marque une rupture entre l’Orient et l’Occident : rupture entretenue principalement par ces derniers.

La fin du XVIIIe siècle voit en Europe un regain d’intérêt pour la Méditerranée. L’invasion de l’Empire Ottoman par la puissance russe en 1774, dont le contrôle de la mer Noire est accordé par le traité de Kutchuk-Kaïnardji, ainsi que la volonté d’autonomie des pachaliks sous la domination de l’Empire Ottoman l’affaiblissent, et la Russie le nomme alors « l’homme malade de l’Occident ».

Dans ce contexte, la France dirigée par le Directoire, pourvue de quelques comptoirs coloniaux, héritage amputé de la monarchie absolue, envoie Napoléon en Egypte en 1798 pour limiter l’hégémonie anglaise en Méditerranée. Près de 70 ans plus tard, lors de la chute du Second Empire, la France dirige l’Algérie et possède une influence considérable sur le «lac français».

Mais à quel point la France parvient-elle à se créer un espace en Méditerranée entre 1798 et 1870 ?

À partir de 1798, Napoléon Bonaparte, rebaptisé Napoléon Ie dès 1804, étend son empire en Europe et en Méditerranée jusqu’en 1815, date de sa chute et du congrès de Vienne. Dès lors vient la Restauration et la Monarchie de Juillet qui voient en la Méditerranée un moyen d’acquérir du prestige. En 1848, Charles Louis Napoléon Bonaparte, rebaptisé Napoléon III en 1851, prend le pouvoir et nous assistons alors à la naissance d’une idée d’Empire Méditerranéen jusqu’en 1870, date de la chute du Second Empire.

Conclusion :

Après l’échec de la « prise » de la Méditerranée par Napoléon Bonaparte lors de la campagne d’Égypte au tournant du XVIIIe au XIXe siècle, et celui de Waterloo, la France se retrouve réduite à ses frontières de 1789 lors du Congrès de Vienne en 1815. Dès lors, le gouvernement de la Restauration fait en sorte d’acquérir du prestige en s’immisçant dans les affaires diplomatiques du monde méditerranéen. Mais c’est Napoléon III qui véritablement crée un espace méditerranéen français par son rôle colonial, diplomatique, et commercial.

Cet espace sera cependant très affaibli par la chute du Second Empire en 1870 ainsi que par sa mauvaise gestion au début de la IIIe République, notamment par le décret Crémieux de 1871 qui, par le schisme qu’il provoque entre les Juifs et les Arabes d’Algérie, débouche sur la grande révolte de Kabilye. La révolte est rapidement réprimée, mais la Méditerranée n’est alors plus la première préoccupation des français. Ils doivent affronter les conséquences de la lourde défaite de 1871 et les clauses du système bismarckien tandis que la stabilité intérieure est menacée par des événements comme la Commune de Paris. Le retour de l’intérêt pour la Méditerranée ne subviendra que plus tard, dans les années 1880.

Chronologie :

1798 : Prise de Malte

1798-1801 : expédition de Bonaparte en Égypte

1800 : Bataille de Marengo : le Piémont, département français.

1805 : Bataille de Trafalgar

1808-1813 : Joseph Bonaparte, roi d’Espagne

1808-1815 : Joachim Murat, roi de Naples

1812-1813 : Blocus continental contre les Anglais.

1815 : Congrès de Vienne.

1823 : Ferdinand VII est rétabli sur le trône d’Espagne avec l’aide des Français.

1827 : Bataille de Navarin en Grèce : Victoire sur l’Empire Ottoman par les forces européennes.

1829 : traité d’Andrinople

1830 : Prise d’Alger

1832 : Conquête de la Syrie par Ibrahim Pacha, fils de Mehemet-Ali

1835 : Première liaison Marseille-Alger par bateau à vapeur.

1837 : Prise de Constantine par les zouaves sous le commandement des français

1840: Traité de Londres qui pose un ultimatum à Mehemet-Ali

1841 : 1er juin : Mehemet-Ali conserve l’Égypte ; 13 juillet : Convention de Londres sur les Détroits.

1843 : Bataille d’Isly : Défaite d’Abd El-Kader et de Moulay Abd al-Rahman, sultan du Maroc : le Maroc autorise la France à s’installer en Algérie.

1847 : Abd El-Kader se rend à la France qui entre en possession de l’Algérie.

1848 : Chute de la Monarchie de Juillet et prise de pouvoir de Napoléon III, Algérie département français.

1849 : Mort de Mehemet-Ali

1852 : Construction de la Chambre de Commerce de Marseille

1854 : Début de la construction du Canal de Suez

1856 : Traité de Paris

1859/1860 : Premier voyage de Napoléon III en Algérie

1865 : Senatus-Consulte accordant la nationalité française à tous les indigènes.

1870 : Chute du Second Empire

Trois acteurs-clé :

Napoléon Bonaparte (1769-1821) : En 1796, il commande l’armée d’Italie : vainqueur des Piémontais et des Autrichiens, il devient très populaire. Le Directoire lui confie le commandement de l’expédition d’Egypte où il bat les Turcs. Il réalise le coup d’état du 18 brumaire, puis se fait nommer Consul à vie, et le 2 décembre 1804, Empereur des Français. Il mène une politique expansionniste, d’abord victorieuse. Son empire compte jusqu’à 132 départements et une série d’états vassaux. Mais, écartant les solutions diplomatiques dans une logique d’intervention militaire, il connait bientôt des revers. Il ordonne le blocus continental contre l’Angleterre en 1806 mais s’enlise dans la guerre d’Espagne de 1808 à 1814. Après l’échec de la campagne de Russie et la Retraite de Russie, la sixième coalition contre Napoléon envahit la France. En 1814, Napoléon abdique. Il meurt à Sainte Hélène après la défaite de Waterloo à la suite des Cent Jours.

Mehemet-Ali : (Né à Kavala en 1779, mort à Alexandrie en 1849). Pacha d’Égypte de 1805 à 1848. Il massacre les Mamelouks en 1811. Il réorganise avec le concours de techniciens européens l’administration, l’économie, et l’armée égyptienne. Il apporte son soutient aux ottomans en Arabie entre 1811 et 1819, puis en Grèce de 1824 en 1827 mais conquiert le Soudan pour son compte de 1820 à 1823 et, fort de l’alliance française, cherche à supplanter le sultan que son fils Ibrahim Pacha vainc en Syrie entre 1831 et 1839. Les puissances européennes lui imposent le traité de Londres en 1840 qui ne lui laisse que l’Égypte et le Soudan à titre héréditaire.

Napoléon III : (1808-1873) Neveu de Bonaparte, il est le premier Président de la République française. Cependant, ce titre ne le satisfait pas et il s’autoproclame Empereur après un coup d’État le 2 Décembre 1851. C’est lui qui fait entrer la France dans la Révolution Industrielle mais ce n’est pas tout : Il rénove Paris par le travail d’Haussman remplaçant la ville désordonnée en capitale moderne. C’est aussi le premier souverain français qui comprend l’importance de la colonisation et du développement méditerranéen dans lequel il s’implique arrivant à des résultats considérables. La fin de son règne est du à la guerre contre la Prusse voulue par Bismarck qu’il accepte de mener sur les conseils de sa femme.

Bibliographie :

Jean Carpentier, François Lebrun, Histoire de la Méditerranée.

Pierre Guillaume, Le Monde Colonial, éd. Armand Colin

Henri Laurens, L’Expédition d’Egypte

Histoire Universelle Quillet, t.III, dir. Robert Balland

Sur la fin de la fureur dans le sang

14 septembre 2009 par florentgiordano

Bonjour,

Profitant d’un peu de temps volé, ce qui ne devrait pas exister en khâgne apparemment si on suit le dictionnaire des idées reçues, je décide de chroniquer la fin de la fureur dans le sang. Pourquoi parler série télé dans un blog de travail ? N’ai-je pas des documents plus sérieux à publier ? Pas encore mais je pressens que lorsque ça sera le cas,les articles plus récréatifs risqueront d’être plus rares (cf: dico de la ligne 1, je m’autoconditionne) donc j’en profite.

Qu’est-ce que la fureur dans le sang ? C’est simplement la série qui possède le plus mauvais titre que j’ai jamais vu ou du moins le titre le plus en inadéquation avec son contenu. En fait, pour résumer, nous suivons la vie de Tony Hill, psychiatre consultant pour la police qui “profile” les tueurs en série. On peut conclure qu’on a affaire à un “profiler-like” de plus, ce qui n’est pas tout fait faux mais il se distingue pas la saleté des intrigues, de la caméra et l’exploitation du personnage principal. Si Sam Waters est intéressante au niveau de sa relation traqueur/traquée débordée par son travail, je trouve que ce personnage n’évolue pas au cours des saisons et cela sans que cela se justifie. J’ajouterai que le message sécuritaire derrière délivré par profiler me gêne. J’ai l’impression d’avoir eu affaire à des spots pour la NRA…

Donc je parlais de la saleté de ses intrigues. Si j’emploie le terme “saleté”, ce n’est pas à cause de  l’accumulation d’hémoglobines mais plutôt à la couleur choisie par le réalisateur/coloriste qui ressemble énormément à celle du Silence des Agneaux : est-ce la même ? C’est une couleur qui donne à tout bâtiments l’aspect de saleté, délabrement, et de fatigue. Cela est particulièrement visible dans les premières saisons (avant la disparition d’Hermione Norris). Quant aux criminels, ils sont très rarement crédibles dans les dernières minutes de l’épisode lorsqu’on leur met les mains dessus à quelques exceptions près (celui du pilote est vraiment bien par exemple). L’intérêt de cette série tient en cette chasse où les moindres indices sont décortiqués et en la personnalité du psychiatre qui paradoxalement est inadapté socialement. Cela est pointé du doigt par un personnage (s3,e2) qui déclare que Tony Hill traite tous ceux qui l’entourent avec cette déformation professionnelle consistant à les prendre pour ses patients.

Est-ce vrai ? À vrai dire, je ne suis pas arrivé à le définir mais je cherche toujours. Ainsi, je suis face à un personnage principal imprévisible, ce qui constitue pour moi le centre d’intérêt de  la série. Comment va t’il réagir et pourquoi ? Il est dans un sens différent de House qui devient prévisible surtout que les innombrables laïus de Wilson permettent de le cerner : ces laïus pour ceux qui n’auraient pas compris. Cependant, la fin de la série est l’occasion pour les scénaristes de nous donner l’impulsion finale. Comment va finir le personnage ? Quel est son avenir ? Et là, on reconnaît que cette préoccupation était au cœur de leur écriture au point de bâcler les intrigues (franchement, le dernier psychopathe : cannibale + psychiatre + s’évade + intelligent + harcèle le héros je me demande où ils l’ont trouvé : indice, le film est dans l’article) pour donner de véritables scènes de bravoure à Robson Green (l’acteur). Encore que…

Était-ce une volonté de recréer cette ambiance du Silence pour établir un parallèle Robson/Jodie ?  Si c’est le cas, c’est intéressant car les scénaristes n’ont pas bêtement foncé dans les scènes clichés car les personnages de Jodie Foster et de Robson Green sont très différents. Si Jodie est très facilement influençable, ce n’est pas le cas du psychiatre aguerri qui se moque allègrement du cannibale au cours de leur entretiens. Cela rompt énormément avec la personnalité de Tony Hill qui cette fois-ci se montre pessimiste : ce tueur ne connaîtra pas la rédemption. Il n’y a rien à faire si ce n’est l’enfermer. Nous sommes loin du Tony des premiers épisodes qui avoue être resté plus de dix ans avec une patiente pour essayer de la guérir.

Je crois que c’est une volonté des scénaristes de montrer que Tony a évolué au cours de ses années : tous ces crimes l’auraient changé au point qu’il perde son optimiste et dans ce cas, même si la lumière a changé pour se faire plus aseptisée (à partir de la saison 4/5 je ne sais pas précisément), le monde apparaît comme encore plus sombre et déprimé et la lumière joue cet effet de contraste entre la beauté ou du moins la normalité améliorée et l’horreur des scènes et des situations. Cependant, ce changement n’est pas annoncé ce qui conforte l’idée d’un bouclage accéléré à tel point qu’on a parfois du mal à le trouver crédible. Un moment s’est posé la question de tuer le héros ce qui signerait la fin de la série mais je ressent que les scénaristes n’ont pas voulu : ils ont réellement aimé ce personnage au point de l’humaniser sur la fin : il perd ce talent d’empathie envers les autres (cf : plus haut et la perte de l’optimisme) et semble s’ouvrir aux autres à tel point qu”il accepte un rendez-vous galant.

La scène de fin révèle aussi ce changement, il y a une lutte. Lutte pour la vie entre Tony et le tueur, qui tournerait nettement à l’avantage de ce dernier dans des circonstances normales mais le psychiatre décide de se battre. Il dégrafe sa cravate pour cette scène d’étranglement qui dure près d’une minute et demie (je n’ai jamais vu plus long). On sent que contrairement à d’habitude, le psychiatre décide qu’il faut annihiler ce tueur. Ce n’est pas une lutte pour la survie car il décide de dégrafer sa cravate avant que le tueur se montre : il a déjà préparé son coup et sent que c’est l’occasion. Après cette scène, Tony sort de la mansarde où le meurtre a eu lieu visiblement en état de choc. C’est la première fois qu’il ôte la vie après tous ces criminels arrêtés et on ressent qu’il repense à eux en se disant “ainsi, c’était comme ça” ce qui est un retour possible de son sentiment d’empathie. Lorsqu’il est à l’extérieur de ce lieu, vide et éloigné de toute civilisation, on assiste à un gros plan sur ces yeux. De là, que penser ? Ça ressemble à une fin ouverte : va t’il continuer sa vie normale nouvellement commencée ? À vous d’écrire la suite.

Le fait de ne pas tout comprendre rend ce billet un peu confus. Je préférais les certitudes mais je vais retravailler un peu tout ça à travers d’autres thématiques pour tenter d’y voir un peu plus clair.

F.

Quelques suggestions d’approche sur les Mains Sales de Sartre

7 août 2009 par florentgiordano

Bonjour,

Il y a presque un mois que je n’ai rien écrit sur ce blog. Par paresse et par éloignement essentiellement. En fait, je devais publier un article sur les Mains Sales de Sartre il y a une quinzaine de jours déjà mais le billet s’est perdu suite à une erreur de l’application WordPress. C’est dommage car je n’aime pas réécrire ce qui a déjà été rédigé. Cependant, comme je n’ai rien d’autre sur le feu concernant les études pour le moment, je vais tenter de rassembler quelques souvenirs et redonner ces quelques pistes qui serviront aux plus courageux des khâgneux à aborder les Mains Sales sans trop s’ennuyer. Ce sont des petits sujets qui rappelleront aisément ceux rencontrés en Terminale L et qui prépareront à une étude très approfondie de l’œuvre comme celle qui nous attend certainement l’année prochaine. Sans plus attendre, les sujets.

- Étudier l’image de l’intellectuel dans l’œuvre

- Quel est l’image de la politique donnée dans l’œuvre ?

- Étudier le couple Olga/Hœderer et Ivan/Hugo

- Étudier le rôle de la confiance

- Étudier le rôle des domestiques, de Jessica

- Mettre en parallèle l’image de l’activisme politique des Justes de Camus et celui des Mains Sales (sujet très intéressant)

- Étudier les différents sens du mot “aimer” dans les Mains Sales.

- Étudier la guerre dans les Mains Sales.

- Profitez de vos derniers jours de vacances.

F.

Tango de Slawomir Mrozek : Une Dissertation théâtrale ?

27 juin 2009 par florentgiordano

Étude réalisée à partir de la représentation de Tango de Slawomir Mrozek donnée au Centre George Brassens de Domont le vendredi 26 juin 2009

Bonjour,

C’est difficile de rédiger une chronique sur une pièce vue sans que l’on connaisse le texte. On ne peut pas le dissocier de la forme (ou très difficilement) puisque on n’a pas réalisé notre première interprétation avec une lecture préliminaire. C’est pour cela que cette chronique mêlera des impressions sur le texte et son interprétation ou du moins les choix de mises en scène puisque je m’estime incapable de juger du jeu des acteurs.

Une dissertation classique : Structure de la pièce
Commençons par justifier le titre de cette étude, “dissertation théâtrale”. Nous sommes ici en présence d’une véritable dissertation classique ou plutôt de plusieurs. Tout d’abord au niveau de la construction de la pièce qui se déroule en trois actes, ces actes jouant le rôle de la thèse, l’antithèse, et la synthèse puisque le personnage menant l’acte (Stomil, Arthur puis Edek) explicite et déroule sa thèse pour l’imposer d’une part dans une mesure réduite aux autres personnages (la femme de Stomil par exemple) mais surtout au spectateur. Ces personnages sont des rhéteurs qui semblent maîtriser les cinq points de la rhétorique classique (inventio, dispositio, elocutio, pronuntiatio, et memoria) quoique pour ce dernier, le souffleur ait eu à agir mais cela semblait avoir été prévu.
Je viens de mentionner le mot “thèse”. Si je relève trois thèses qui correspondent à trois visions de la vie (et également du théâtre nous le verrons plus tard) des trois personnages, aucune ne semble dominer par le texte. À vrai dire, pendant les entractes, excellentes pour marquer la distance entre les 3 thèses, on pouvait avoir l’impression que la pièce pouvait être finie. Ce n’est qu’à la fin du 3e acte, lorsque le réalisateur a déclaré qu’il n’y aurait pas de 4e que nous avons su la pièce finie.
Ainsi cette pièce est une argumentation, relevons la présence d’une introduction hors-salle, tout comme une accroche de dissertation, nous ne rentrons pas directement dans la pièce, on nous y mène et un final étrange et que Wikipedia m’a aidé, au vue de la biographie de son auteur, à qualifier d’absurde.

Une dissertation théâtrale ?
Dans cette pièce, on parle énormément de théâtre, du moins explicitement dans les deux premiers actes. Le premier serait “expérimental” mené par Stomil mais c’est avec un regard moqueur que le texte joue de la vision de l’expérience. Stomil aurait “encore” une idée d’expérimentation. Celui-ci vie en génie autoproclamé et malgré sa grande tolérance affichée et brocardée par Arthur, son fils, il se contredit en ne tolérant pas l’attitude intolérante de son fils (la redondance de cette phrase est voulue et assumée). Ces expérimentations théâtrales sont très caricaturales et s’appuient sur cet “art” dans lequel on argumente plus qu’on observe et apprécie.
Le deuxième acte serait plutôt une tragédie, les personnages étant habillés de blancs tout comme la représentation classique de la tragédie. On n’y rit peu, les personnages spécialement celui d’Arthur face au destin : Stomil refuse de voir derrière le rideau que sa femme le trompe, il ne veut pas affronter son destin. Aline refuse de prendre sa décision vis-à-vis du mariage. Quant à Arthur, il essaye de lutter contre les excentricités de sa famille, ce qui le mine terriblement (seul sur une table, comme s’il s’apprêtait à réaliser un monologue tragique) et va finalement sur les indications de son oncle Eugène utiliser une arme pour contraindre sa famille à lui obéir. C’est une idée intéressante, les limites du libertaire se trouvent à la pointe d’un canon. Si je mets cela en relief avec la biographie de l’auteur, qui a vécu dans la Pologne soviétique, l’idée prend tout son sens.
Quant au 3e acte, il serait aisé de le qualifier d’acte de l’absurde avec cette lecture biographique amorcée quelques lignes auparavant, ne serait-ce que par la mort d’Eugénie rappelant étrangement celle du Roi se meurt d’Ionesco, le “je meurs”. Si on suit cette optique, on se rapproche de cette idée très facilement grâce à la mise en scène volontairement surprenante avec par exemple, ces extraits de musique coupés en plein vol ou ce souffleur qui utilise un micro. L’un des acteurs nous a même confié après la représentation que le but était que le spectateur sorte de la salle en ce demandant ce qu’il venait de voir. Cet acte est dominé par le personnage d’Edek à qui lorsqu’on pose la question pour savoir quel est sa façon de vivre, répond à partir de phrases qu’un inconnu lui a donné. On fait son apologie de “naturel” du moins les femmes le font et sa thèse énigmatique représente un dépassement intéressant des deux actes précédents qui au fond se contredisent sans cesse (opposition entre l’ordre et le désordre) sans que l’une domine l’autre par l’argumentation..

Néanmoins, la présence de l’absurdité comme du tragique et de l’expérimentation est dans toute la pièce et pas seulement dans un seul acte. Cependant, elle est plus marquée dans l’acte où elle domine.


Choix de la forme théâtral comme méthode d’expression :
La question peut se poser. Pourquoi utiliser la forme théâtrale pour réaliser un essai ? C’est une question dont je n’ai pas la réponse, aussi je lance quelques hypothèses qui peuvent s’avérer raisonnables ou… complètement fausses.

En premier lieu, le choix de cette forme permet d’éviter un discours théorique qui risque de ne pas plaire. Le théâtre permet une discussion vivante entre les différentes thèses de façon comique. De même, le comique présent tout au long de la pièce permet de rendre certaines répliques qui pourraient passer comme des discours bien plus agréables. Ainsi, nous évitons de sombrer dans le débat politique. Également, ce passage par la mise en scène permet de dramatiser (!) la force des idées des personnages. Dans la pièce, lorsque la parole ne suffit pas, les  armes apparaissent et la violence de la contrainte également. C’est en cela que nous pouvons parler d’apologue.
La seconde raison qui pourrait pousser Slawomir Mrozek à utiliser le théâtre comme forme d’expression est politique. N’oublions pas que la Pologne était une démocratie populaire et que la censure y était forte. Poser des questions comme celle de la liberté essentielle dans un essai pouvait entraîner de graves conséquences. C’est aussi là, un des rôles essentiels du comique : en dédramatisant (!) la pièce, l’auteur peut se cacher derrière le spectre du comique et éviter ainsi la censure.
Enfin, nous sommes dans la mouvance du théâtre de l’absurde né pendant cette période. Il paraît tout à fait intéressant lors d’une dissertation sur le théâtre qui se pose en manifeste du théâtre de l’absurde de recourir au théâtre comme moyen d’expression.

Telle qu’elle est décrite là, cette dissertation semble être attachée à son époque, les années 60 et le théâtre de l’absurde. Cependant, ce n’était pas le cas lors de la représentation. En effet, l’actualité du texte est soulignée par le journal du jour que tient un comédien au début de la pièce. Pas de doute, nous sommes dans le présent et la pièce est montrée de façon à apparaître la plus moderne possible. J’ai conscience de n’avoir exploré qu’une partie de Tango par cette trop rapide étude mais il est très difficile d’écrire sur une pièce vue la veille sans connaître le texte. Arriver à construire une troisième partie était déjà très difficile mais je me la suis imposé. Comment écrire sur le thème d’une dissertation dans une pièce de théâtre sans réaliser un plan en trois parties….

Florent

J’ai rencontré un pirate

20 juin 2009 par florentgiordano

Bonjour Planet-Libre (et les autres aussi),

Désolé pour ce titre un peu accrocheur mais j’ai remarqué que ça attirait un peu plus l’œil que “KDE Brainstorm, analyse”. Bref, j’ai rencontré un pirate, même si le terme ne correspond pas vraiment puisqu’il s’agirait plutôt d’un contrefacteur si le terme existe. Cette rencontre a eu lieu il y a plusieurs semaines maintenant en pleine période Hadopienne mais je n’ai pas voulu écrire dessus parce que c’était trop polémique. Je préfère traiter les actualités à froid même si pour l’occasion c’est presque congelé1….

Pourquoi en parler sur le Planet-Libre ? C’est vrai que tout cela n’a pas vraiment de rapport avec le logiciel libre même si avec une petite dose de mauvaise foi, je pourrai le relier avec la Creative Common. Toutefois je ne compte pas faire le lien et seul mon orgueil me pousse à le publier sur le Planet. Et puis commencer par un billet borderline, pourquoi pas ?

Bref, j’ai rencontré un pirate, un vrai, celui que décrit Frédéric Lefebvre, pas tout à fait jeune puisqu’il fait plus du double de mon âge, donc pas vraiment un exemple du “jeunisme” contre lequel il faut lutter. Pour des raisons évidentes, son identité ne sera pas dévoilée mais je peux tenter une description sommaire. Marié et père de famille. Sentant avec lui que je pourrai échanger des vues sur le projet de loi Hadopi, j’ai assez vite détourné la conversation vers ce sujet et je dois avouer avoir été très surpris mais pas au début :

Il m’a avoué qu’il piratait des films pour les revoir, des “classiques” comme La Grande Vadrouille ou Le Corniaud qu’il stockait sur un disque dur multimédia (500 Go). Cela dit, avant que j’intervienne, sa femme l’a interrompu en affirmant que son comportement était “maladif”. Il est apparu clairement que ce n’était pas la première fois que cette conversation avait lieu et l’échange qui en a suivi était à base de piques de mauvaise foi donc je ne rapporte pas. Le point d’orgue de son argumentation lorsque je lui ai demandé pourquoi il téléchargeait ces œuvres que l’on peut retrouver dans le commerce à prix vraiment modique (ces “classiques” sont rarement vendus plus d’une dizaine d’euros) a résidé dans cette phrase que je vous livre telle quelle : “Depuis des années les majors s’en sont mis plein les poches sur notre dos, maintenant ce n’est que juste retour des choses”. Je vous laisse imaginer la réaction des autres participants.

Outre le fait de ne reposer sur rien, cette justification erronée montre l’absence d’une réelle argumentation. On peut trouver sur des forums des justifications plus solides comme “c’est trop cher pour moi” ou “ça aide à découvrir de nouveaux artistes” même si elles sont aberrantes. Pourquoi cette absence de raisons ? Est-ce la logique moutonnière qui veut qu’un individu qui connaît bien les plates-formes de téléchargements pirate parce que c’est in ? Après tout le pirate a une relative côte de popularité auprès d’informaticiens (en dehors du Planet Libre), sorte de Robin des Bois des temps modernes mais qui, a la différence de Kevin Kostner, garde tout pour lui car, permettez moi de défoncer cette porte ouverte, le pirate est avant tout individualiste.

On nous a vanté le pirate qui partage ces connaissances, le P2P étant fondé sur le partage, cette affirmation peut surprendre mais contrairement à un Robin des Bois qui distribue les ressources des riches à tous les pauvres, le pirate, lui vit dans sa bulle, ou plutôt son galion de pirate. D’ailleurs l’image du pirate n’est pas si mal choisie : Il attaque un bateau avec ses congénères. Le butin est partagé, y compris les pièces maudites (virus). Bien sûr, on pourra me rétorquer que la culture n’est pas de l’argent puisqu’il s’agit d’œuvres. Dans ce cas, imaginons l’assaut d’un bateau-livre avec les originaux à l’abri. D’ailleurs, à propos du refus de voir la culture comme une marchandise, songez que la métaphore du pirate ne vient pas d’eux-même mais de l’industrie de la culture.2

Donc le pirate vit dans sa bulle et il se moque bien de ceux qui sont restés à terre. Permettez-moi de revenir (brièvement) à mon pirate que j’ai rencontré récemment. Lorsque je lui ai posé la question du repérage par IP, technique dont on a montré maintes et maintes fois sa déficience, il m’a ri au nez déclarant qu’il avait mis en place un système qui changeait d’adresse toutes les 15 secondes. Certes, je lui ai répondu qu’ainsi il pouvait m’envoyer devant le juge mais il m’a regardé avec son drôle d’air du genre : “Bah t’as qu’à te débrouiller”. C’était la version offline du “Google est ton ami”. Je suis resté coi.

Donc le pirate est individualiste…3

Je ne pense pas avoir assez insisté sur le côté inquiétant de mon pirate. Pour lui, télécharger des dizaines de films par semaine ne le choquait pas. Tant pis s’il immobilisait le réseau de sa famille, il fallait qu’il télécharge non pas pour les regarder, il me l’a dit lui-même mais pour stocker pour voir après (ce qu’il ne faisait pas forcément aux dires de sa femme). J’ai eu la très nette impression sur le coup qu’il avait basculé. Pourquoi faire ça ? À la rigueur télécharger pour regarder le soir même ou le lendemain, pourquoi pas ? Ça se tient mais télécharger dans l’éventualité d’un visionnage, ça ressemble à ceux qui affichent leur nombre de DVD/CD, c’est de l’ostentation gratuite (et doublement !!). Ne me lancez pas des cailloux mais mon interprétation est la suivante : Cet homme a agi comme un âne affamé devant une dizaine de bacs à nourriture. Il a eu peur de la privation future et s’est jeté sur l’avoine (les ânes mangent de l’avoine ?) quitte à s’en rendre malade. Sauf que là, les bacs ne seront jamais vides et ça me fait peur. Non pas parce que télécharger me terrifie mais je l’imagine dans dix ans avec ses 15 disques durs externes sans d’autres préoccupations que le prochain film avec un fichier Excel rempli de films déjà pris et d’autres à prendre.

Là, bien sûr, je dirai que tous les pirates ne sont pas des “malades” et qu’il y a des “malades” un peu partout mais pour lui, ce fut l’élément déclencheur…. et ce genre de cas montre bien une fois de plus qu’il faudrait absolument trouver une solution rapidement à ce problème.

Je suis globalement déçu de ne pouvoir écrire que là-dessus pour un premier billet, ça fait un peu tâche mais bon…. Modérateurs si vous voulez couper, n’hésitez pas….

Florent

PS : Je pourrai faire le lien avec aMule mais ça n’aurait aucun intérêt. Ce pur témoignage s’intéressant bien plus au comportement qu’autre chose, le logiciel est secondaire…. surtout que le pirate en question est un Windowsien convaincu.

1 Tout lien avec l’actualité judiciaire de ces dernières semaines serait purement fortuit. Les bonheurs de la relecture….

2 En fait, je n’en sais rien, j’ai cherché mais sans succès. Toutefois, ça ne me surprendrai pas plus que ça….. Si ça ne vous plaît pas, commencez par me contredire ce qui sera difficile car même s’il elle n’en a pas la primauté, l’industrie du divertissement l’utilise maintenant… et à outrance.

3 Laissez-moi tirer des généralités de ce cas sinon on n’en sort pas avec les “Même si ce n’est pas toujours comme ça”, d’autant plus que c’est un sacré modèle, pour peu on le croirait inventé… Hélas non.


Le joker, ce dandy ?

18 juin 2009 par florentgiordano

Bonjour,

Il y a quelques mois lors de la sortie de Dark Knight, le dernier Batman, on a pu lire dans la presse certains qualificatifs forts élogieux sur l’interprétation d’Heather Leadger qui n’hésitaient pas à rabaisser celle de Jack Nicholson. L’ayant vue de nombreuses fois il y a quelques années, je me suis posé la question et ai décidé qu’un nouveau visionnage s’imposait. Cela dit, je ne tiens pas forcément à organiser un comparatif sous forme de lutte de podium mais simplement à montrer les différences de vision d’un personnage qui a toujours la plaisanterie facile. Au passage, petite pensée pour les bacheliers….

Commençons par le plus évident, l’identité : Si on voit la transformation du Joker dans la version de Burton, dans celle de Nolan, il reste un inconnu. L’anonymat du Joker rajoute une certaine tension puisque Batman ne peut rien contre le clown imprévisible tandis que le film de Burton, avec sa biographie, Batman connaît ses compétences (en particulier en chimie) et peut donc anticiper en agissant par exemple en détruisant l’usine chimique, une sorte de base du Joker. En revanche, dans Dark Knight, Batman est condamné à attendre que le Joker se montre, cela se voit par exemple lors du discours du maire au cours duquel Gordon “trouve la mort” parfois même à visage découvert tant la situation est pressée. Notons que malgré sa connaissance de son identité, Batman dans les deux films ignore où vit le Joker ce qui rend le jeu plus intéressant pour les deux protagonistes qui se cherchent.

Les méthodes des deux Joker ne sont pas si éloignées : Elles aboutissent toutes les deux à la mort en masse de citoyens dans le but final et avoué de faire tomber le Batman ou du moins de découvrir son identité. La psychose est la méthode utilisée à chaque fois. Certes, le Joker/Leadger paraît plus violent et plus adulte puisqu’il  joue avec des bombes (et puis en post-11 Septembre, jouer avec des explosifs a une certaine résonance pour le spectateur) mais Nicholson empoisonne la population entière avec en plus un humour relativement sadique puisqu’il pousse ses victimes à adopter un visage semblable au sien, un visage qui le fait souffrir en témoigne la boîte à rire qu’il garde sur lui pour simuler sans cesse ce rire joyeux et horrible que ces victimes connaissent bien. Ce rire est tout comme son sourire, un sourire de fausse-joie d’un homme qui souffre.

Leadger lui semble réellement s’amuser avec ses victimes, en cela, il est moins pardonnable surtout que nous ne connaissons pas ces motivations à part cet attachement à ce chaos. Pourquoi créer ce chaos ? Les apprentis-psychiatres que nous sommes tous répondront “une blessure secrète de l’enfance” mais la vraie réponse, nous ne la connaissons pas. Nous ne pouvons qu’imaginer. Nous ne connaissons pas non plus les motivations de Nicholson, à part la vengeance au début contre son patron, mais le fait de connaître son histoire le rend plus humain.

Ces deux personnages sont des hommes-à-femme et par un hasard incroyable, ils ont les mêmes goûts que Batman (là dessus, Nolan n’a pas été très original) pour leur seconde maîtresse mais leur premières sont intéressantes : Ce sont des femmes relativement effacées, celle de Burton semble obéir au doigt et à l’œil à Nicholson au point de se défigurer puis probablement d’accepter sa mort. La première femme de Leadger est sous la forme d’une histoire, nous ne savons pas si elle a réellement existé mais présupposons que c’est le cas, ne serait-ce que pour cet article. Et puis comme dirait Sakamochi à Kawada dans Battle Royale (très bon livre, j’aimerai en parler dans ce blog) “j’ai compris, ne te casse pas la tête”. Donc si cette femme existe, elle a subie des sévices de la part de son père si grave qu’elle faisait entièrement confiance au Joker, elle lui faisait confiance et il semblait l’aimer réellement. Ces deux femmes les ont déçus tous les deux, l’une en le trahissant (Burton), l’autre en n’acceptant pas le sacrifice fait pour elle (Nolan). D’ailleurs pour ce dernier, c’est peut-être une des clés pour comprendre le personnage, la folie due à l’amour, décidément un autre personnage réellement triste et dépressif mais qui trouve dans ses actes (Leadger est sans cesse actif, on ne le voit jamais réfléchir comme Nicholson devant sa télévision par exemple) un moyen d’échapper à la triste réalité dans laquelle il vit.

Avec la seconde femme, ou du moins la femme courtisée dans le film, soit Rachel Dowes (Dark Knight, Maggie Gyllenhaal) ou Vicky Vale (Burton, Kim Basinger) est en effet proche de Batman et semble dans les deux cas avoir réussi à former un couple, que ça soit de façon laborieuse avec Bruce Wayne dans Batman ou de façon plus solide avec Harvey Dent dans Dark Knight. Le Joker se livre à un simulacre de cour (le dîner aux chandelles, les cadeaux, puis la danse, dans la version Burton et le baise-main, la danse, et puis l’enlèvement (mais avec un tout autre but !) chez Nolan) mais il n’est pas sérieux, il semble se moquer de cette façon de faire, de la femme courtisée, et surtout de lui-même : comme si un minable difforme comme lui pouvait oser espérer une femme aussi belle. Par cette autodérision, il montre aux spectateurs que le rôle prépondérant de la beauté dans la séduction et donne une vision pessimiste aux personnes qui en sont dépourvus. C’est aussi cet élément l’horreur que provoque le Joker, il n’a presque aucun espoir et désire que les autres l’abandonnent aussi. C’est surtout visible chez Leadger lors de la scène de l’hôpital, de l’interrogatoire, ou du bateau puisque Nicholson suscite l’espoir (l’argent) mais un faux-espoir qui s’avère être un piège. Si son  plan avait fonctionné, les habitants de Gotham auraient perdu leur repères et une bonne partie leur vies mais Burton n’est pas aussi pessimiste que Nolan surtout qu’en 1989, la chute du mur de Berlin préfigure selon certains “la fin de l’histoire”, en 2007 le monde est nettement plus incertain. Cependant, le Joker échoue en se trompant de cible : les personnages à qui il s’adresse ne sont pas dépouvues d’esprit et voient clair dans son jeu. Néanmoins, elles n’ont pas la même réaction : Si Vicky Vale, certes terrifiée semble éprouver un peu de compréhension pour la bête, la belle de Nolan le rejette avec dégoût ce qui précipite sans doute sa fin : Elle anéantit cette espoir de fou qui habite peut-être le Joker.

Là encore, ce n’est qu’un bref aperçu des deux interprétations mais j’espère qu’il vous a convaincu de ne pas regarder avec mépris ce film qui peut paraître enfantin au début mais qui à l’analyse se montre bien plus intéressant qu’il n’en a l’air.

Sur ce,

Florent

Sur le personnage de Bill dans Kill Bill de Quentin Tarantino

6 juin 2009 par florentgiordano

Bonjour,

 

Le décès de David Carradine m’ayant fait repenser à Kill Bill, et en particulier au deuxième volume que je préfère, je me suis demandé si je ne pouvais pas en faire une étude un peu approfondie. Le sujet est donc Bill. Ceci n’est pas un hommage mais une sorte de coïncidence puisque j’avais envie d’écrire sur un film. C’est un peu macabre comme introduction mais bon….

En premier lieu, si Bill est le héros du film (cf: le titre) ou du moins le personnage le plus important, son apparition n’a lieu qu’à la fin du 1e film et le visage caché. On ne le découvre réellement que dans le Volume 2 ainsi que sa relation avec Béatrice. C’est paradoxalement, un personnage parfait et probablement le plus humain de tous.

 

 

C’est en effet le seul personnage qui fasse intervenir la notion d’amour au cours d’une discussion, les autres n’envisageant que la mort. Il prend soin personnages qu’il aime, refuse qu’Elle tue Béatrice dans son sommeil, propose son aide à son frère avec qui il est en froid “depuis longtemps” tout cela sans demander aucune contrepartie. On le voit aussi tenir à la fin du premier film Sofie dans ses bras dans une attitude protectrice. De même, il s’occupe de sa fille qu’il éduque d’une façon certes peu conventionnelle puisque on ressent sans cesse l’influence de son ancienne profession mais avec une sincérité sans cesse mise en avant. Il prend avec pédagogie des exemples dans les actions de sa fille pour introduire les concepts de vie et de morts comme on le voit à travers l’exemple du poisson. On ressent aussi que Bill cherche à éviter la confrontation fatale avec Béatrice qu’il a lui-même emmené auprès de son maître, ce qui ne fut pas sans conséquence pour lui.

Néanmoins, ce côté hagiographique n’apparaît pas au début du film lorsqu’on le voit commanditer et accomplir le massacre dans la chapelle des deux pins. On devine à demi-mot que c’est par jalousie mais son air goguenard atténue la force de sa passion pour Béatrice à tel point qu’on en vient à douter que ça soit le motif principal de l’exécution. Pourtant, au cours du film, son humanité apparaît et l’intensité de sa passion culmine à la fin une fois qu’il aura été mortellement blessé. Bill éprouve des difficultés à exprimer cette passion face à Béatrice froide et mortelle parce qu’il a été élevé dans la négation du sentiment. C’est aussi pour cela qu’il a du mal à expliquer quelque chose d’aussi simple que l’amour à Béatrice qui a reçu la même éducation que lui et qui a les yeux obscurcis par la vengeance. Lorsque Bill est blessé mortellement, l’adrénaline chute dans le corps de Béatrice et elle comprend enfin la teneur des sentiments de son ancien amant mais à ce moment c’est trop tard et elle pleure. Bill comprend cela et essaye de mourir dignement.

 

 Si la mort de Bill marque la fin du film, l’épilogue entre Béatrice et sa fille B.B. est surprenant puisque nous voyons la Mariée entre rires et larmes dans la salle de bains. Là, je pense que Béatrice se rend compte du chemin parcouru et n’est pas si mécontente de cela. En effet, si Bill est un personnage très humain, la Mariée ne l’est pas du tout et je pense qu’elle ne parvient pas à prendre conscience du sel de la facture qui vient d’être réglée (Bill signifiant une note, une addition donc par extension une dette ou un règlement de compte en anglais. Un des rédacteurs de Wikipedia dont je tire l’information rajoute le terme salée que je trouve très approprié ici).

 

Voici donc un billet plus court que d’habitude mais peut-être un peu plus dense et j’espère tout aussi intéressant.

 

Sur ce,

 

Florent

Test de Linux Mint,

30 mai 2009 par florentgiordano

Introduction :

 

Linux Mint est une distribution Linux que beaucoup puristes regardent avec méfiance. Il s’agit en effet d’une distribution basée sur Ubuntu que l’on aime bien décrier (voir ici) et qui assume proposer des logiciels propriétaires à son bord. En contrepartie, elle affirme proposer une expérience utilisateur bien plus facile. On essaye ?

La version testée ici est la 7, basée sur la dernière version d’Ubuntu sortie au mois d’Avril, la 9.04. C’est donc une version très fraîche puisqu’il a fallu à partir de l’Ubuntu original construire une autre distribution.

J’aime beaucoup l’idée de l’accessibilité aux nouveaux utilisateurs donc je la teste, une fois de plus dans l’optique d’un débutant en informatique devant la bête.

Ma machine est la suivante : Une machine virtuelle d’1 Go de RAM, un disque dur un 25 Go (virtuel lui aussi) et un processeur Core Solo d’1,83 Ghz soit une configuration aujourd’hui considérée comme faiblarde mais qui supporte la plupart des distributions Linux sans broncher.


 

Téléchargement et Site Web :

 

Le Site Officiel :

Le site n’est pas difficile à trouver, une recherche Google vous renvoie dessus dés le premier résultat. Celui-ci est malheureusement en anglais ce qui n’aide pas le débutant complet que je suis censé être. De plus, l’aide n’est pas clairement indiquée : il faut savoir que Wiki renvoie à celle-ci (et le trouver dans la jungle des menus sur lesquels il faut passer avec la souris). Ce Wiki est par ailleurs très pauvre avec peu d’articles. Tout à coup, on comprend mieux la mise en évidence du «Participate» en première page. Pourtant le projet n’est pas si récent que cela et je dois avouer que même Logram, qui a moins d’un an a un Wiki plus développé.

Trouver le CD n’est pas très difficile, il suffit de cliquer sur le bouton «Download» situé à côté de «Contribute». De là, on a le choix entre plusieurs CD mais la différence entre eux est bien expliquée. En revanche, sur les moyens de téléchargements, rien du tout donc le quidam de base prendra le premier si il n’a pas de chance et tombera sur un site proposant plusieurs miroirs FTP et des fichiers Torrents. Avec ces liens, il ne saura que faire donc il aurait été certainement judicieux de mettre en évidence le deuxième lien en expliquant que le CD allait être téléchargé tout seul. Bref.

Un autre point négatif est que le site ne donne aucune instruction sur quoi faire avec l’image téléchargée. Faut-il la graver ? Comment ? Quels logiciels ? Encore une fois un habitué de Linux saura immédiatement quoi faire mais au niveau de l’accessibilité ce n’est pas encore ça.

En fait ces informations sont concentrées dans le «User Guide» que l’on indique en lien. Il aurait peut-être été judicieux de le mettre en évidence (en gras avec un rappel indiquant que c’est très important, à quoi il sert). C’est dommage d’autant plus qu’il est très agréable et très utile enrichi de nombreuses captures d’écran. Véritablement dommage qu’il soit avec 2 autres documents et si peu mis en valeur. Reste que l’utilisateur normal finirait par l’ouvrir. Cependant, pour y accéder, il faut se rendre sur la page Téléchargements. N’aurait-il pas été plus logique de créer une page aide avec le contenu du document qui en PDF donc qui nécessite un programme externe pour l’ouvrir. Dommage lorsqu’on parle d’accessibilité.

 

Le site français :

 

Hélas assez mal référencé par notre ami Google, une requête “Linux Mint fr” renvoie vers lui tout de même. On remarque tout de suite que la charte graphique n’est pas la même et que le noir est bien plus utilisé que le vert ce qui est à mon goût d’un bien meilleur effet. L’accueil annonce tout de suite la couleur, le site n’est pas officiel mais de «passionnés». Après tout pourquoi pas ? Une question toutefois : L’utilisateur de base accordera t’il du crédit à un site non-officiel ? Pas toujours mais bon il le devra faute de mieux. Sur le Wiki, quelques articles mais aucun sur l’installation. C’est dommage car cela présuppose que l’utilisateur de base saura l’installer tout seul après l’avoir gravé tout seul également ou qu’il sait lire l’anglais ce qui n’est pas une évidence. En même temps, il apporte des articles bien écrits pour les débutants et parfois d’autres plus avancées donc on ne peut pas leur jeter la pierre. Du moins pas autant que le site officiel.

 


Gravure, démarrage en live, et installation :

 

Je n’ai pas gravé le CD puisque j’utilise une machine virtuelle mais l’étape reste standard si elle est bien expliquée. Passons au premier démarrage.

Lorsque j’insère le CD et que je démarre l’ordinateur, un fond d’écran vert avec un compte à rebours expliquant que le système démarrera à la fin du temps imparti. Ce message est bien entendu en anglais puisque le CD que j’ai choisi l’est. L’initiative est louable : Le débutant perdu entre différents choix n’a qu’à laisser l’ordinateur démarrer mais en cas de problème il restera bloqué puisque redémarrer relancera la procédure automatique. On peut accéder à des options (notamment la tentative de résolution de problèmes) en appuyant sur entrée mais cela n’est absolument pas indiqué sur la page. Si j’y ai découvert cette astuce, c’est par hasard en voulant passer le compte à rebours.

Quant au temps de démarrage en lui-même, il est standard pour une distribution de type Live même si il m’a semblé un peu plus rapide(3 min. environ). Un regret tout de même : Pour une distribution qui se targue d’améliorer l’expérience utilisateur, j’aurais aimé trouver quelque chose qui améliore la compatibilité avec VirtualBox comme le fait Mandriva (et ce, dés le Live). Au lieu de cela, je n’ai qu’un écran en faible résolution.

 

Je vais de ce pas l’installer avant de poursuivre le test qui risquerait d’être biaisé par l’environnement Live. L’installation en elle-même est assez classique, le choix de la langue, le fuseau horaire détecté automatiquement en fonction de celle-ci. On me propose la préconfiguration du clavier. Pourquoi pas mais celui pour le Macintosh, bien que listé et non-proposé par défaut ne correspond pas tout à fait au mien (le arobase placé sous le bouton Escape est remplacé par le caractère <). Je n’ai pas testé l’outil de partitionnement  parce que je pense que l’utilisateur lambda n’a pas à s’encombrer du dual-boot. Ce n’est pas que cela soit compliqué à installer (encore que, sur certaines distributions…) mais la mise en place d’un dual boot oblige à démarrer sur les deux systèmes de temps en temps et à les maintenir tous les deux ne serait-ce qu’au niveau mise à jour etc. N’en garder est bien plus simple surtout s’il fonctionne.

L’utilisateur avancé même si ce n’est pas le propos ici notera qu’il est impossible de choisir quel type de partition prendre avec le partitionnement personnalisé. Il est même impossible de le savoir avant le récapitulatif final. Je trouve cela dommage car sur d’autres distributions, nous avons un menu déroulant avec un choix conseillé avec une possibilité de le changer. Je ne pense pas que l’utilisateur lambda s’amuse à changer un choix prédéfini surtout s’il porte l’étiquette «recommandé» mais cela peut se défendre. 

Au sujet du paramètrage des comptes, j’aime bien la présence de l’option «se connecter automatiquement» même si un rappel de sécurité aurait pu être fait. Si je me permets d’avancer cela, c’est qu’il nous informe de la nécessité de la complexité des mots de passe. Là, il y a une rupture de logique. Soit on joue la carte de la sécurité et on informe l’utilisateur sur les deux champs, soit on ne fait rien. Reste que la connexion automatique reste à mon avis plus grave que la complexité des mots de passe. Bref, passons. Notons qu’il m’informe de la faiblesse de mon mot de passe comme sur CentOS ou sur Fedora.

Après cela, nous avons un récapitulatif avec un discret bouton avancé permettant de régler l’emplacement du chargeur de démarrage et un éventuel proxy mais cela ne me concerne pas donc je lance l’installation. Celle-ci permet d’aller un faire un tour pendant un petit moment donc rester devant l’ordinateur est un peu inutile d’autant plus qu’aucune question n’est posée.

Je mentionne tout de même qu’il est possible d’installer Linux Mint sans charger l’environnement Live en entier à la manière d’Ubuntu mais cette option comme les autres est à trouver avec les autres au démarrage (touche entrée etc.)

 


1e démarrage en dur et installation du plug-in VirtualBox :

 

Après avoir été accueilli par un joli thème de GDM non dépourvu d’option, je remarque une petite fenêtre en français me proposant diverses ressources comme un aperçu des nouvelles fonctions ou le manuel de l’utilisateur. Je me demande pourquoi le même menu ne nous accueille pas dans l’environnement Live. Après tout, il reste agréable de pouvoir savoir ce qu’on installe. Le guide comme les autres documents sont évidemment ceux du site Web, c’est-à-dire qu’ils sont très clairs… si on comprend l’anglais. Reste que l’accueil est sympathique et n’est pas sans rappeler Mandriva même si on ne nous pousse pas à nous inscrire au club Linux Mint. Enfin là je m’égare et ma première tâche m’attend :  Installer les outils de VirtualBox pour quitter cette résolution de 800×600. Je tente de le faire graphiquement.

En cliquant sur .run, un terminal (qui n’est pas celui de Gnome) se lance et m’informe que je n’ai pas les privilèges suffisants. Je dois donc passer par le Terminal classique, celui de Gnome en le lançant par le menu Slab que j’aborderai plus tard. Celui-ci s’ouvre et m’affiche une citation de Bilbo le Hobbit ! Pourquoi pas ? C’est sympathique et un peu geek. L’utilisateur débutant se demandera ce que c’est mais s’il n’en veut pas, il devra bricoler dans le .bashrc ce qui n’est pas vraiment un bon point. À la rigueur, en dessous du message, j’aurai indiqué comment l’enlever juste au cas où mais ce n’est pas le cas ici. Cela me donne l’impression du «je dirige la distro, je fais ce que je veux et si n’en voulez pas, débrouillez-vous», c’est assez désagréable et rappelle un peu l’affaire du système de fichier.

Certes, on pourra m’objecter que cette autorité rassure le débutant mais cela incite le développeur à faire des choix et si on décide de garder telle ou telle fonctionnalité, cela doit-être motivé. À titre personnel, je ne crois pas que ce message d’accueil soit justifié plus que ça, c’est trop gadget.

Revenons à l’installation du plug-in VirtualBox, sachez que pour la première fois, les fichiers nécessaires à son installation sont présents (kernel-headers et compilateur GCC). C’est réellement surprenant surtout que dans une distribution se disant orientée grand public, on ne s’attend pas à voir installé les outils de développement. Certes, je ne vais pas m’en plaindre mais c’est étrange.

 

2e démarrage et impressions graphiques :

 

Après redémarrage, la résolution d’écran est enfin acceptable et la souris passe des deux environnements de façon agréable donc je peux enfin me concentrer sur le système et l’apparence graphique car vous conviendrez qu’étudier l’apparence du bureau lorsqu’on n’a pas la place d’avoir deux fenêtre ouvertes en miniature n’est pas simple.

Le système m’indique 66 mises-à-jour. Ça me paraît beaucoup depuis la mise en chantier de Mint puisque je n’ai eu l’annonce de sa sortie sur Clubic que 3 jours avant le début de ce test. Les mises-à-jour sont l’occasion de faire connaissance avec un gestionnaire différent de celui par défaut de Gnome «Mint Updater» qui comporte comme fonctions supplémentaires une priorisation des mises-à-jour (enfin relative, les 66 étaient en priorité 3), un champ «changements» et un «avertissement». Je trouve ce nouveau gestionnaire bien intéressant et me demande pourquoi d’autres distributions ne l’ont pas encore intégrés.

 

Les développeurs de Linux Mint ont décidé de modifier Gnome à la manière d’OpenSuse, jugeant que cela simplifierait l’environnement pour les utilisateurs. L’idée n’est pas mauvaise en soit puisqu’il y a moins de boutons pour l’unique tableau de bord (soit un bouton menu ressemblant à SLAB, celui du son, du réseau, et des mises-à-jour). Il est vrai que ces boutons sont ceux que l’on utilisera tous les jours mais quid des bureaux virtuels ? En théorie, l’utilisateur débutant ne voudra s’embêter avec ça mais si il envoie accidentellement sa fenêtre vers un autre bureau en cliquant sur sa bordure en haut, il ne pourra pas la récupérer à moins d’installer le bouton pour changer de bureau dans son tableau de bord.

En dehors du bureau virtuel, aucun bouton ne manque réellement, ou du moins qui est nécessaire à l’utilisation du système dans de bonnes conditions.

En examinant le bouton, j’ai remarqué qu’il y avait des différences avec le SLAB d’OpenSuse même si l’idée de départ reste la même : Un bouton qui unit les trois grandes catégories de Gnome (Applications, Emplacements, Systèmes) dans une seule fenêtre.(en haut, Mint, en bas, OpenSuse)


 Menu de MintSLAB d'OpenSUSE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je trouve le menu de Linux Mint bien plus ergonomique car il évite les onglets et rassemble tout dans un seul applet. Après on pourra m’objecter (avec raison) que ces deux menu ne sont pas géniaux dans le cas de l’utilisation de Netbook mais pour des PC avec un écran supérieur à 15 pouces, c’est largement utilisable. Contrairement au SLAB qui ouvre une fenêtre après un clic sur «More Application», le menu de Linux Mint bascule vers un menu standard qui rassemble les applications en catégories comme le ferait le menu classique de Gnome. Ce menu est d’ailleurs la seule façon d’accéder à la corbeille par défaut, ce qui est un manque pour l’habitué de la poubelle sur le bureau que je suis.

Lors de la sélection d’applications, nous avons quelques boutons bien utiles accessibles avec le clic droit comme «Ajouter aux favoris» ou «Désinstaller». Ce dernier bouton est très utile car l’utilisateur débutant qui ne connaît pas le Terminal n’a pas à lancer Synaptic et rechercher le nom de son logiciel pour l’enlever.

Au sujet de la gestion des programmes, j’apprécie la présence d’un installeur qui n’est pas sans rappeler gnome-app-installer, mais en plus de celui-ci fournit une capture d’écran du logiciel, des commentaires d’utilisateurs et un lien vers le site Internet de l’application. Je relève toutefois deux faiblesses majeures : La première est la gestion des tags : Dans la barre de recherche, si on tape Akregator, il ne trouve rien alors qu’il est normalement disponible dans KDEPim. En revanche, Kmail est disponible seul, c’est étrange. Le second reproche que je fais à cette application est qu’elle ne gère pas la désinstallation que l’on devra faire avec la méthode citée plus haut. Remarquez que les programmes proviennent directement des dépôts Ubuntu ce qui explique la taille réduite de l’équipe gérant Linux Mint. Après l’installation, je me rend compte que les paquets de langues ne sont pas installés et qu’il faut lancer Synaptic pour cela. C’est dommage car l’outil de Mint pour la gestion des langues ne prend pas en compte KDE.

Mint offre également un programme de sauvegarde baptisé sobrement MintBackup. Il est basique mais remplit admirablement bien son office. Un clic dans le programme sauvegarde les dossiers (à l’exception de ceux qu’on désire exclure) dans une archive qu’on peut restaurer en double-cliquant dessus. J’aurais aimer trouver une option pour définir un emplacement personnalisé pour les sauvegardes mais celui-ci est absent donc les backup sont crées automatiquement dans le dossier personnel. Reste que l’initiative de fournir un tel programme est appréciable même si j’aurai voulu en tant que débutant que l’on me le signale car je ne connais pas forcément l’utilité des sauvegardes.

 


Conclusion :

 

Après un tour d’horizon que j’espère détaillé que retenir de Linux Mint. Effectivement elle est simple d’utilisation…si elle est déjà installée car l’installation présuppose une certaine connaissance du mécanisme des Live CD ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. L’installation des pilotes propriétaires est très utile et rejoint Ubuntu sur ce point, la parenté en est visible jusqu’à la provenance des paquets. Notons également la présence de logiciels comme Flash pré-installé, ce qui vaut à Mint l’ire de la communauté. Cependant, cette distribution peut-être difficilement appelée une distribution d’apprentissage car elle diffère énormément dans la gestion de Gnome. Celui-ci est à tel point modifié qu’il faut tout réapprendre de retour sur une distribution plus classique comme Ubuntu ou Debian. Reste que Mint est bien agréable à utiliser avec un joli thème et quelques applis spécifiques bien pensées que j’aimerai bien voir dans les futures versions d’autres distros.

Sur Antoine et Cléopâtre de Shakespeare : Marc Antoine ensorcelé par Cléopâtre

21 mai 2009 par florentgiordano

Bonjour,

Afin d’éviter un billet trop long hier, je scinde en deux l’étude d’Antoine et Cléopâtre et vous propose aujourd’hui un article que j’ai rédigé et qui n’a pas été présenté en classe puisqu’il était trop long pour cela et qu’il ne s’intégrait pas assez dans la problématique. Toutefois, je l’estime intéressant car il offre un complément à l’idée d’Aliénor sur l’ensorcellement d’Antoine. En fait, il démontre cela par le texte. Rien n’est organisé dans la mesure où les différentes parties ne sont pas titrées mais les paragraphes restent utiles. Bonne lecture :

Tout d’abord, notons qu’Antoine n’est pas un barbare d’origine, il est d’abord un romain mais il a été ensorcelé par Cléopâtre, Énobarbus parle d’un «strange invisible perfume [un impalpable parfum] II-2 p.164» qui «enivrait le sens des rives voisines» : Cléopâtre serait une sorcière et Antoine est envoûté tel un vaudou en témoigne son attitude de possédé, il saute à «cloche-pied 40 fois» comme si on l’avait piqué avec une poupée.

La malédiction d’Antoine n’est pas sue tout de suite mais il lutte contre elle avec plus ou moins de succès : lorsque Fulvie sa femme meurt, il hésite et veut partir «I must be gone [je dois partir] I-2 p.90» mais Cléopâtre le retient par ses charmes (magiques ?).

 

Antoine symbolise ici le cœur, il prend des décisions irrationnelles lorsqu’il est loin de Rome comme celle de se battre après Actium même à «20 contre 1» tandis qu’à Rome, il réfléchit et épouse Octavie pour des raisons diplomatiques. Ceci marque la limite d’influence du sortilège Cléopâtrien. De même lors de la beuverie sur le bateau ou il reste finalement plus sobre et bien plus alerte qu’en Égypte.

Face à Antoine se dresse Énobarbus, une raison emprunte d’une misogynie latente qui apporte les conseils d’un romain au général. Il est celui qui comprend le mieux la situation et n’est pas corrompu par la présence de Cléopâtre parce qu’elle n’a envoûté qu’Antoine. Cependant celui n’est pas écouté en présence de la reine d’Égypte ce qui s’avérera crucial lors de la préparation de la bataille d’Actium à propos du choix de stratégie (la mer contre la terre et le spectateur lors de la scène de beuverie a déjà pu se rendre compte de la pertinence du choix d’Énobarbus et ainsi peut juger de la déraison d’Antoine qui n’écoute pas les arguments de son conseiller se contentant de répéter «by sea, by sea [sur mer, dis-je, sur mer]» «I’ll fight by sea [je combattrai sur mer] III-8 p.286».

La sorcellerie de Cléopâtre le rend mimétique en sa présence : alors qu’elle faillit étrangler un messager (normalement protégés par leur statut de diplomate, c’est très grave) Antoine quelques scènes plus loin envoie au supplice Thidias un homme « qui ne fait qu’accomplir les ordres» cela montre sa démesure et l’altération d’Antoine.

 

Antoine ne reste pas éternellement sous la domination de Cléopâtre, il parvient à rompre le sortilège et affirmer sa romanité après la bataille d’Actium où devant le massacre il prend conscience du rôle de Cléopâtre dans la débâcle, il s’adresse à elle en ces mots «I found you as a morsel, cold upon dead Caesar trencher [je vous ai ramassé comme un peu de viande froide, dans l’écuelle de César mort III-13», il la traite de «prostituée» à plusieurs reprises, se met en colère, fait supplicier Thidias ce qui montre une lutte intérieure forte surtout lorsqu’il est en présence de Cléopâtre puis comprend les actes qu’il a commis et décide par honneur romaine de ne pas se rendre. À partir de là, le rôle tenu par Énobarbus ne sert plus rien (pas besoin de deux raisonneurs qui ne se contredisent) et celui-ci rejoint les rangs d’Octave. Cet acte est étrange car même si dramatiquement compréhensible, il rester difficile à comprendre : Énobarbus n’agit pas en romain en quittant Antoine mais en couard. En fait s’il quitte Antoine c’est à cause du sort fait à Thidias mais il regrette immédiatement après son geste et meurt probablement en se suicidant.

Quant à la mort d’Antoine, elle est double : Il ne trouve pas de lui-même la force de se tuer au premier abord même s’il le désire et demande à ses compagnons romains de l’occir. Par ce geste, il montre qu’il est trop faible, la vertu romaine n’exclut pas le suicide (Varrus p.ex.) et il se montre lâche, une marque de la barbarie orientale. Lorsque l’un de ses soldats se suicide pour échapper à son ordre, il entrevoit la solution mais échoue et ne fait que se blesser et son trépas est long comme une rédemption chrétienne (n’oublions pas que Shakespeare est l’auteur). Cependant par son acte, il sauve également Cléopâtre qui quitte aussi le domaine de la barbarie pour mourir avec honneur. Néanmoins elle le fait en se cachant par un serpent, animal symbolisant la puissance sexuelle d’Antoine, elle l’appelle souvent «mon petit serpent». 

 

En résumé, nous pouvons affirmer qu’Antoine est envoûté par la puissance de Cléopâtre qui le barbarise lorsqu’elle est proche de lui comme une des sorcières de Macbeth. De même que le héros de la pièce éponyme, il parvient à vaincre ses démons et affronte ainsi la mort auprès de sa compagne qu’il abat également. 

 

À bientôt :

Florent